Les orchidées

Pleione

Au début du printemps, de petits pseudobulbes en forme de bouteille, posés sur le substrat comme des oignons, lancent des fleurs de 7 à 10 cm au labelle frangé. La Pleione est une orchidée de montagne presque rustique, qui se plaît sur un rebord de fenêtre frais ou une table de jardin, à condition de respecter son repos d’hiver.

  • Mis à jour le 21 octobre 2026
  • 4 min de lecture
  • Par la rédaction

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Sur le balcon d’un chalet savoyard, les mains d’une femme arrangent une terrine de Pleione formosana en fleurs, rose lilas au labelle blanc frangé
PleionePhoto d’illustration
Fiche de culturePleione
Lumière
Vive et tamisée, soleil du matin seulement
Température
10 à 22 °C en croissance, 2 à 5 °C au repos, hors gel
Humidité
50 à 70 % en été, air frais et ventilé
Arrosage
Régulier de mai à septembre, aucun en hiver
Floraison
Mars à mai, une à deux semaines par fleur
Difficulté
Facile si le repos est respecté
L’essentiel
  • Chaque pseudobulbe fleurit une fois, puis laisse la place à un nouveau formé pendant l’été.
  • Repos d’hiver entre 2 et 5 °C, au sec complet, de la chute des feuilles à la fin de l’hiver.
  • Plantation en terrine basse, pseudobulbes enterrés sur un tiers de leur hauteur seulement.
  • La culture en pot reste la plus sûre ; la pleine terre se réserve aux régions douces et sols très drainants.

Le genre Pleione regroupe une vingtaine d’espèces des montagnes d’Asie, de l’Himalaya au sud de la Chine et à Taïwan. Elles poussent souvent au-delà de 1 000 m d’altitude, sur des rochers moussus, des talus ou la base des troncs, là où les étés sont doux et humides et les hivers froids et secs. Toute la culture d’une Pleione découle de ce rythme.

La plus répandue est Pleione formosana, aux fleurs rose lilas ou blanches. On trouve aussi Pleione limprichtii, rose soutenu, réputée parmi les plus résistantes au froid, et des hybrides comme Pleione Shantung, aux tons crème à abricot.

La sélection

Ce que l’on vous conseille

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01

Les pseudobulbes de Pleione formosana

Budget indicatif10 à 25 €Pour quiDébuter en fin d’hiver

Ils se vendent nus, en dormance, de décembre à mars. Choisissez des pseudobulbes fermes et lourds, de 2 à 3 cm de diamètre au moins : les plus petits ne fleurissent pas toujours la première année.

  • Floraison dès le premier printemps
  • Se multiplie d’année en année
  • Calibre parfois inégal dans un même sachet
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02

La terrine basse bien percée

Budget indicatif5 à 12 €Pour quiGroupe de cinq à sept pseudobulbes

Une profondeur de 5 à 8 cm suffit aux racines superficielles et le substrat y sèche plus régulièrement qu’en pot profond. Le plastique garde un peu plus de fraîcheur, la terre cuite pardonne mieux les excès d’eau.

  • Adaptée aux racines courtes
  • Bel effet de groupe en fleurs
  • Sèche vite en plein été
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03

La sphaigne à hacher

Budget indicatif8 à 15 €Pour quiSubstrat frais pour la croissance

Hachée et mêlée à de l’écorce fine et à de la perlite, elle retient l’humidité dont la Pleione a besoin en été, sans tasser. Elle se renouvelle à chaque rempotage annuel.

  • Garde la fraîcheur
  • Facile à doser dans un mélange
  • À ne pas utiliser seule, trop humide
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04

L’engrais liquide pour orchidées

Budget indicatif6 à 12 €Pour quiFaire grossir les pseudobulbes en été

À demi-dose tous les quinze jours de juin à août, il aide à former de gros pseudobulbes, gage de belles fleurs au printemps suivant. Arrêtez dès septembre pour préparer le repos.

  • Simple à doser
  • Un flacon dure plusieurs saisons
  • Inutile en dehors de la période de croissance
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01Comprendre le cycle d’une Pleione

Chaque pseudobulbe (la tige renflée qui stocke l’eau) ne vit qu’une saison. Au printemps, il émet une fleur, parfois deux, puis une nouvelle pousse à sa base. Pendant l’été, cette pousse forme un nouveau pseudobulbe pendant que l’ancien se vide et se ratatine. À l’automne, la feuille plissée jaunit et tombe : il ne reste qu’un pseudobulbe nu, qui dort tout l’hiver avant de fleurir à son tour.

PériodeStadeCe qu’on fait
Novembre à févrierDormance, pseudobulbes nusAu sec, entre 2 et 5 °C, à l’abri du gel
Février à marsRéveil, pointe des boutonsRempotage dans un substrat neuf à peine humide
Mars à maiFloraisonLumière tamisée, fraîcheur, arrosage léger
Mai à septembreCroissanceArrosage régulier, engrais demi-dose tous les 15 jours, mi-ombre
OctobreFeuilles qui jaunissentArrosages espacés puis arrêtés

02Planter en terrine, au bon niveau

Les Pleione ont des racines superficielles. Utilisez une terrine ou un pot bas bien percé de 5 à 8 cm de profondeur. Le substrat doit rester frais tout en drainant parfaitement : par exemple moitié écorce de pin fine, un quart de sphaigne hachée, un quart de perlite.

Posez les pseudobulbes à 2 ou 3 cm les uns des autres, enterrés sur un tiers de leur hauteur seulement : un pseudobulbe enfoui jusqu’au col pourrit. Cinq à sept pseudobulbes dans une terrine de 15 cm font un bien plus bel effet qu’un seul. Rempotez ainsi chaque année en fin d’hiver, avec des pseudobulbes de Pleione neufs si vous agrandissez la collection.

Le conseil d’Alysson. N’arrosez presque pas avant que les racines poussent, en général trois à quatre semaines après la plantation. Trop d’eau sur des pseudobulbes sans racines, et c’est la pourriture assurée.

03Lumière, eau et engrais à la belle saison

Après la floraison, la Pleione pousse vite. Placez-la à la lumière tamisée : fenêtre est, balcon à mi-ombre, dessous d’un arbre au feuillage léger. Elle craint la chaleur : au-delà de 25 °C, protégez-la du soleil et aérez. Les régions de montagne ou au climat océanique lui offrent un été idéal ; ailleurs, suivez nos conseils pour sortir son orchidée l’été.

Arrosez dès que la surface sèche, souvent deux fois par semaine dehors en été, à l’eau de pluie de préférence. Un engrais pour orchidées à demi-dose tous les 15 jours de juin à août fait grossir les nouveaux pseudobulbes : c’est leur taille qui fera la floraison suivante.

04Le repos hivernal, au frais et au sec

Quand les feuilles sont tombées, arrêtez tout arrosage. Laissez les pseudobulbes dans leur terrine sèche ou retirez-les délicatement, puis rangez-les entre 2 et 5 °C : garage hors gel, véranda non chauffée, cellier lumineux. Certains cultivateurs les glissent dans un sachet en papier au bas du réfrigérateur, loin des fruits.

Ce froid est indispensable. Une Pleione qui passe l’hiver à 20 °C dans le salon se réveille trop tôt, s’épuise et fleurit mal. Plus de repères dans notre page sur l’orchidée en hiver.

05En pot ou en pleine terre ?

La culture en pot reste la plus sûre partout en France, car elle permet de garder les pseudobulbes au sec en hiver, ce qui compte davantage que le froid lui-même. La pleine terre est possible en climat doux, dans une rocaille ou une butte très drainante à mi-ombre, pseudobulbes à peine enterrés dans un mélange de terreau de feuilles, de gravier fin et d’écorce, avec une protection contre la pluie d’hiver (cloche, plaque transparente) et un paillage léger. Si vos hivers descendent souvent sous -5 °C ou restent détrempés, gardez-la en pot. Pour une orchidée plus franchement rustique, voyez la Bletilla, et notre dossier sur les orchidées de jardin.

06Multiplication et erreurs typiques

Une Pleione en forme donne un ou deux nouveaux pseudobulbes par an, et certaines espèces forment au sommet de l’ancien de minuscules bulbilles. Récoltées à l’automne et plantées au printemps comme les adultes, elles fleurissent au bout de deux à trois ans.

  • Arroser pendant la dormance : pourriture garantie.
  • Enterrer trop profondément les pseudobulbes.
  • Garder la plante au chaud l’hiver.
  • Oublier les limaces, qui dévorent boutons et jeunes pousses : voir limaces et escargots.

FAQQuestions fréquentes

Comment cultiver une Pleione ?

Plantez les pseudobulbes en fin d’hiver dans une terrine basse, enterrés sur un tiers de leur hauteur. Après la floraison de printemps, placez-les à mi-ombre, au frais, arrosez régulièrement et donnez un engrais à demi-dose en été. Quand les feuilles tombent à l’automne, arrêtez l’eau et gardez les pseudobulbes au sec entre 2 et 5 °C jusqu’au printemps.

Pleione formosana est-elle rustique ?

Elle est semi-rustique. Au repos et au sec, ses pseudobulbes supportent des températures proches de 0 °C et de petites gelées brèves. Ce qui la tue, c’est surtout l’humidité froide de l’hiver. En pot, hivernée hors gel à l’abri de la pluie, elle ne court aucun risque. En pleine terre, réservez-la aux régions douces, dans une rocaille drainante protégée de la pluie.

Quand planter les bulbes de Pleione ?

En fin d’hiver, de février à mars, quand la pointe des boutons se montre à la base des pseudobulbes. Plantez-les dans un substrat neuf à peine humide, gardez-les au frais vers 10 à 15 °C, et n’arrosez vraiment qu’une fois les racines installées, trois à quatre semaines plus tard.

Pourquoi ma Pleione ne fleurit pas ?

Les pseudobulbes sont souvent trop petits : la plante n’a pas assez poussé l’été précédent, faute d’eau, d’engrais ou à cause de la chaleur. Un hiver trop doux, au-dessus de 10 °C, perturbe aussi la floraison. Nourrissez de juin à août, offrez un été frais à mi-ombre et un hiver vraiment froid et sec : les fleurs reviennent l’année suivante.

Que faire d’une Pleione après la floraison ?

Retirez la fleur fanée et laissez la plante tranquille : c’est maintenant que la nouvelle pousse se développe. Augmentez les arrosages à mesure que la feuille s’ouvre, installez-la à mi-ombre et commencez l’engrais à demi-dose. L’ancien pseudobulbe va se ratatiner, c’est normal : il nourrit la jeune pousse.

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