- Une fleur d’orchidée compte trois sépales, deux pétales et un labelle, autour d’une colonne centrale.
- Le vélamen argenté des racines vire au vert quand il est gorgé d’eau.
- Un grex regroupe tous les plants d’un même croisement ; un cultivar, entre guillemets simples, est un clone précis.
- Monopodiale ou sympodiale : le mode de croissance décide de la façon de rempoter et de multiplier.
Vélamen, keiki, labelle, rostellum : le vocabulaire des orchidées a de quoi intimider quand on débute. Pourtant, une poignée de mots suffit pour comprendre une fiche de culture, lire une étiquette ou suivre une discussion entre passionnés, et la plupart décrivent des choses que vous avez déjà sous les yeux.
Ce glossaire réunit les termes de botanique, de culture et de nomenclature que l’on croise le plus souvent, classés par ordre alphabétique. Pour voir où se trouve chaque partie sur la plante, notre page sur l’anatomie de l’orchidée les montre en situation, et les abréviations des étiquettes sont expliquées dans lire l’étiquette d’une orchidée.
01Le vocabulaire courant et son nom exact
Avant l’ordre alphabétique, voici les traductions qui servent tous les jours.
| Ce qu’on dit souvent | Le terme exact | Ce que c’est |
|---|---|---|
| La tige des fleurs | Hampe florale | Tige qui porte les fleurs |
| Le bébé | Keiki | Jeune plante née sur la hampe ou à la base |
| Le bulbe | Pseudobulbe | Tige renflée qui stocke eau et réserves |
| Le grand pétale du bas | Labelle | Pétale transformé qui attire les pollinisateurs |
| Le cœur | Apex | Point de croissance central d’où sortent les feuilles |
| La terre | Substrat | Mélange aéré d’écorce, de sphaigne ou de perlite |
| Les racines argentées | Vélamen | Gaine spongieuse qui absorbe l’eau |
02A à B
- Anthère : petit capuchon au sommet de la colonne qui recouvre les pollinies. Il se détache au moindre contact d’un insecte, ou d’un cure-dent.
- Apex : extrémité d’un organe. On parle de l’apex d’une racine, sa pointe verte ou rougeâtre qui grandit, et de l’apex de la plante, son point de croissance chez les monopodiales.
- Asymbiotique (semis) : germination des graines sur un gel nutritif sucré, en laboratoire, sans le champignon dont elles ont besoin dans la nature.
- Backbulb : mot anglais pour un ancien pseudobulbe, souvent sans feuilles, à l’arrière de la touffe. Il garde des réserves et peut redonner une pousse une fois séparé.
- Bouton floral : fleur encore fermée. Les boutons chutent facilement après un déménagement, un courant d’air ou à proximité de fruits mûrs, qui dégagent de l’éthylène.
- Bractée : petite écaille ou feuille modifiée à la base d’une fleur ou le long de la hampe. Chaque nœud de la hampe d’un phalaenopsis en porte une.
03C à D
- Cal (ou callus) : excroissance charnue sur le labelle, souvent colorée, qui guide l’insecte vers le cœur de la fleur. Très visible chez les Oncidium.
- Capsule : le fruit de l’orchidée. Elle mûrit plusieurs mois après la fécondation et libère des milliers, parfois des millions de graines. Chez la vanille, c’est la gousse.
- CITES : convention internationale qui encadre le commerce des espèces sauvages menacées. Toutes les orchidées y figurent, comme on l’explique dans les orchidées protégées.
- Clone : plante génétiquement identique à une autre, obtenue par division ou par culture de méristème.
- Collet : zone de jonction entre les racines et la base des feuilles. Une eau qui y stagne favorise la pourriture du cœur.
- Colonne : organe central de la fleur, propre aux orchidées, qui réunit les organes mâles et femelles. On dit aussi gynostème.
- Cultivar : plante remarquable sélectionnée et multipliée à l’identique. Son nom s’écrit entre guillemets simples après celui de l’hybride : Phalaenopsis Sogo Yukidian ’V3’.
- Division : multiplication d’une orchidée sympodiale en séparant la touffe, chaque morceau gardant au moins trois ou quatre pseudobulbes.
- Dormance : voir Repos.
04E à G
- Écart thermique : différence entre la température du jour et celle de la nuit. Un écart de 5 à 8 °C à l’automne aide de nombreuses orchidées, dont le phalaenopsis, à lancer une hampe.
- Écorce : substrat de base des épiphytes, le plus souvent de l’écorce de pin calibrée, qui laisse l’air circuler autour des racines. Tous les mélanges sont comparés dans notre page sur le substrat pour orchidée.
- Éperon : tube creux qui prolonge le labelle ou les sépales et contient souvent du nectar. Celui de l’Angraecum sesquipedale dépasse 25 cm.
- Épiphyte : plante qui pousse sur une autre, souvent un arbre, sans la parasiter. Phalaenopsis, Cattleya et Vanda sont épiphytes, voir épiphyte, lithophyte ou terrestre.
- Épithète : second mot du nom d’une espèce, toujours en minuscule : nobile dans Dendrobium nobile.
- Espèce botanique : orchidée telle qu’elle existe dans la nature, sans hybridation. Les amateurs disent souvent « une botanique ».
- Flacon : récipient stérile où germent et grandissent les jeunes plants de semis. La « sortie de flacon » est une étape délicate.
- Genre : premier mot du nom botanique, avec une majuscule (Phalaenopsis, Cattleya, Oncidium). Il regroupe des espèces proches.
- Graine : presque une poussière, sans réserve nutritive. Dans la nature, elle ne germe qu’avec l’aide d’un champignon.
- Grex : ensemble des plants issus d’un même croisement entre deux parents. Son nom s’écrit sans guillemets : Oncidium Twinkle. Tout est détaillé dans les hybrides d’orchidées.
- Gynostème : voir Colonne.
05H à L
- Hampe florale : tige qui porte les fleurs. Chez le phalaenopsis, une hampe encore verte peut refleurir sur un nœud, voir couper la tige d’une orchidée.
- Hybride : plante issue du croisement de deux espèces, de deux hybrides ou d’une espèce et d’un hybride. Presque toutes les orchidées de jardinerie en sont.
- Hybride intergénérique : croisement entre plantes de genres différents, désigné par un nothogenre.
- Hybride primaire : croisement direct entre deux espèces botaniques.
- Hygrométrie : taux d’humidité de l’air, en pourcentage. La plupart des orchidées d’intérieur se plaisent entre 50 et 70 %.
- Inflorescence : ensemble des fleurs portées par une hampe et leur disposition (grappe, épi, fleur solitaire).
- In vitro : culture en laboratoire, en milieu stérile, pour le semis comme pour le clonage.
- Keiki : mot hawaïen qui signifie « bébé ». Jeune plante qui se forme sur la hampe ou à la base, avec ses feuilles et ses racines, voir le keiki.
- Labelle : troisième pétale, transformé, souvent plus grand et décoré, qui sert de piste d’atterrissage aux pollinisateurs. C’est lui qui forme la poche des sabots de Vénus.
- Lithophyte : orchidée qui pousse sur les rochers, accrochée aux fissures et aux mousses.
06M à O
- Méristème : minuscule tissu de croissance au cœur d’une pousse. Cultivé in vitro, il donne des clones en grand nombre, les mériclones.
- Monopodiale : croissance sur une seule tige qui s’allonge par le sommet, comme chez le phalaenopsis ou le Vanda. La différence est expliquée dans monopodiale et sympodiale.
- Montage : culture d’une orchidée fixée sur un support (liège, branche), racines à l’air.
- Mycorhize : association entre des racines et un champignon du sol, indispensable à la germination des orchidées dans la nature.
- Nœud : petit renflement sur la hampe ou la tige, d’où peut partir une ramification ou un keiki. On coupe la hampe d’un phalaenopsis au-dessus d’un nœud.
- Nothogenre : nom d’un genre hybride, créé pour les croisements entre genres, comme Beallara, Burrageara ou Laeliocattleya.
- Œil : bourgeon dormant à la base d’un pseudobulbe ou sur le rhizome, d’où partira la prochaine pousse.
- Ovaire : partie située juste sous la fleur, qui ressemble à un bout de tige et deviendra la capsule après fécondation.
07P à R
- Pédicelle : petite tige qui relie chaque fleur à la hampe et se prolonge par l’ovaire.
- Pélorique : se dit d’une fleur dont les pétales imitent le labelle, ou l’inverse. Le caractère peut varier d’une floraison à l’autre.
- Pétales : trois chez l’orchidée, deux pétales latéraux et le labelle.
- Ploïdie : nombre de jeux de chromosomes. Beaucoup d’hybrides modernes sont tétraploïdes, avec des fleurs plus grandes et plus épaisses.
- Pollinie : petite masse compacte de pollen, que l’insecte emporte d’un bloc, collée sur sa tête ou son dos selon les espèces.
- Pousse : nouvelle croissance d’une orchidée sympodiale. Les anglophones disent « lead ».
- Protocorme : premier stade de la graine germée, une petite boule verte qui précède feuilles et racines.
- Pseudobulbe : tige renflée qui stocke eau et réserves chez les Cattleya, Oncidium, Cymbidium ou Dendrobium. Ridé, il signale souvent un manque d’eau.
- Racine aérienne : racine qui pousse hors du pot. Normale chez les épiphytes, on ne la coupe pas, voir racines aériennes.
- Repos : période de ralentissement, souvent en hiver, avec moins d’eau et parfois plus de fraîcheur. Indispensable au Dendrobium nobile. Le phalaenopsis n’a pas besoin de repos sec : des arrosages un peu espacés en hiver et quelques semaines de nuits plus fraîches à l’automne lui suffisent.
- Résupination : rotation de la fleur d’environ 180 degrés pendant son développement, qui place le labelle en bas. Elle explique le pédicelle tordu de beaucoup d’orchidées.
- Rhizome : tige rampante qui relie les pseudobulbes des sympodiales.
- Rostellum : languette de la colonne qui sépare organes mâles et femelles et limite souvent l’autofécondation.
08S à V
- Sabot : labelle en forme de poche des sabots de Vénus (Paphiopedilum, Phragmipedium, Cypripedium). L’insecte y tombe et ressort en frôlant le pollen.
- Semi-hydroponie : culture dans des billes d’argile ou un substrat minéral, avec une petite réserve d’eau au fond du pot.
- Sépales : les trois pièces externes de la fleur, un sépale dorsal en haut et deux latéraux en bas.
- Sphaigne : mousse des tourbières, séchée, qui retient beaucoup d’eau. Une poignée de sphaigne séchée aide les jeunes plants, en excès elle asphyxie les racines.
- Spike : anglicisme des forums pour une hampe florale naissante.
- Staminode : étamine stérile transformée en petit bouclier au centre des sabots de Vénus.
- Substrat : matériau qui remplace la terre : écorce, sphaigne, perlite, fibre de coco.
- Sympodiale : croissance horizontale, chaque pousse naissant à la base de la précédente, comme chez le Cattleya ou l’Oncidium.
- Synsépale : pièce unique formée par la soudure des deux sépales latéraux, cachée derrière le sabot des Paphiopedilum.
- Tépales : nom commun aux sépales et aux pétales quand ils se ressemblent beaucoup.
- Terrestre : orchidée qui pousse dans le sol, comme la plupart des Paphiopedilum et toutes nos orchidées sauvages.
- Tubercule : organe souterrain de réserve des orchidées terrestres. Les Ophrys et les Orchis en ont deux, d’où le nom grec orchis.
- Vélamen : couche spongieuse qui entoure les racines des épiphytes. Argentée quand elle est sèche, verte quand elle est gorgée d’eau, elle boit en quelques minutes.
- Viscidium : petit disque collant attaché aux pollinies, qui les fixe sur le corps de l’insecte.
Le conseil d’Alysson. Gardez l’étiquette de chaque plante et notez au dos le genre, le grex et la date d’achat. Le jour où une question se pose, ces trois mots vous permettront de trouver la bonne fiche de culture.
FAQQuestions fréquentes
Comment s’appelle la tige d’une orchidée ?
La tige qui porte les fleurs s’appelle la hampe florale. Chez le phalaenopsis, elle sort entre deux feuilles et peut refleurir sur un nœud tant qu’elle reste verte. Il ne faut pas la confondre avec la tige courte qui porte les feuilles, ni avec le pseudobulbe, cette tige renflée qui stocke l’eau chez les Cattleya, Oncidium ou Dendrobium. Les forums anglophones parlent de spike pour une hampe naissante.
Qu’est-ce que le vélamen d’une orchidée ?
Le vélamen est une couche spongieuse de cellules mortes qui gaine les racines des orchidées épiphytes. Il absorbe l’eau de pluie et la rosée en quelques minutes, puis la cède peu à peu à la racine. Sec, il paraît gris argenté ; gorgé d’eau, il laisse voir le vert de la racine. C’est le meilleur indicateur pour savoir quand arroser un phalaenopsis en pot transparent.
Quelle est la différence entre un pseudobulbe et un bulbe ?
Un vrai bulbe, comme celui de la tulipe, est un bourgeon souterrain entouré d’écailles. Le pseudobulbe des orchidées est une tige renflée, aérienne, verte, qui stocke de l’eau et des réserves pour traverser les périodes sèches. On le trouve chez les orchidées sympodiales : Cattleya, Oncidium, Cymbidium. Un pseudobulbe qui se ride signale en général un manque d’eau ou des racines abîmées.
Que veut dire grex chez les orchidées ?
Le grex désigne l’ensemble des plants issus d’un même croisement entre deux parents, quel que soit le sens du croisement. Tous portent le même nom, écrit sans guillemets après le genre, par exemple Oncidium Twinkle. Comme des frères et sœurs, ces plants peuvent avoir des fleurs assez différentes. Un plant sélectionné et multiplié à l’identique reçoit en plus un nom de cultivar entre guillemets simples.
Comment s’appellent les parties d’une fleur d’orchidée ?
Une fleur d’orchidée compte trois sépales à l’extérieur, un dorsal en haut et deux latéraux en bas, puis deux pétales latéraux et un troisième pétale transformé, le labelle, souvent plus grand et coloré. Au centre se trouve la colonne, qui réunit les organes mâles et femelles. Le pollen y est regroupé en petites masses, les pollinies, coiffées par l’anthère.




