Les orchidées

Cattleya

De grandes fleurs froufroutantes, souvent parfumées : le Cattleya est l’orchidée des corsages d’autrefois. Il est moins difficile qu’on le dit, à une condition : lui donner beaucoup plus de lumière qu’à un Phalaenopsis.

  • Mis à jour le 21 octobre 2026
  • 5 min de lecture
  • Par la rédaction

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Un homme âgé respire une grande fleur rose mauve de Cattleya, cultivé en pot de terre cuite sur le rebord voilé d’une fenêtre de mas provençal
CattleyaPhoto d’illustration
Fiche de cultureCattleya
Lumière
Très vive, soleil doux du matin ou du soir
Température
20 à 30 °C le jour, 14 à 18 °C la nuit
Humidité
50 à 70 %, air bien ventilé
Arrosage
Copieux, puis substrat presque sec avant le suivant
Floraison
2 à 4 semaines, une fois par an, parfois deux
Difficulté
Moyenne
L’essentiel
  • Beaucoup plus de lumière qu’un Phalaenopsis : fenêtre sud voilée, ouest ou est très dégagée.
  • Arrosage copieux, puis substrat presque sec avant le suivant, surtout en hiver.
  • Les fleurs sortent d’une gaine au sommet du pseudobulbe : ne la coupez jamais.
  • Rempotage seulement quand de nouvelles racines démarrent à la base de la jeune pousse.

On le reconnaît à ses fleurs, immenses et frisées, au labelle en trompette ourlé de dentelle. Le Cattleya a longtemps été l’orchidée des grandes occasions, celle qu’on épinglait au revers d’une robe de soirée. Son nom rend hommage à William Cattley, un horticulteur anglais qui l’a fait fleurir au début du XIXe siècle.

Il a la réputation d’être difficile. En réalité, il échoue presque toujours pour une seule raison : on le cultive comme un Phalaenopsis, dans la pénombre d’un salon. Donnez-lui la lumière qu’il réclame et laissez son substrat sécher entre deux arrosages, et il refleurit chaque année.

La sélection

Ce que l’on vous conseille

Des profils de produits, pas des marques : chaque bouton ouvre une recherche Amazon ciblée. Les prix sont des fourchettes constatées, à vérifier sur la fiche.

01

L’écorce de pin gros calibre

Budget indicatif9 à 16 €Pour quiRempoter un Cattleya ou une autre orchidée à grosses racines

Des morceaux de 1,5 à 2,5 cm laissent l’air circuler et sèchent vite, exactement ce que demandent les racines épaisses du Cattleya. Une écorce trop fine reste humide et fait pourrir le rhizome.

  • Très drainante
  • Sèche vite entre deux arrosages
  • Se décompose lentement
  • Tient mal une jeune division sans tuteur
  • Sèche très vite en été
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02

Le pot en terre cuite ajouré

Budget indicatif10 à 25 €Pour quiCattleya lourd qui bascule dans un pot en plastique

La terre cuite stabilise une plante aux pseudobulbes hauts et respire, ce qui aide le substrat à sécher. Les fentes latérales aèrent les racines. Choisissez-le à peine plus grand que la motte.

  • Stable
  • Évapore l’excès d’eau
  • Esthétique sans cache-pot
  • Racines qui collent à la paroi au rempotage
  • Plus lourd à manipuler
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03

L’engrais liquide pour orchidées

Budget indicatif6 à 12 €Pour quiNourrir la nouvelle pousse du printemps à la fin de l’été

À demi-dose, un arrosage sur deux pendant la croissance, il aide la jeune pousse à former un pseudobulbe bien dodu, celui qui portera la floraison. On le suspend pendant le repos des espèces qui en ont un.

  • Dosage simple
  • Convient à toutes les orchidées
  • Économique
  • Surdosage vite arrivé
  • Inutile en hiver pour la plupart
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04

La lampe horticole LED d’appoint

Budget indicatif20 à 50 €Pour quiCattleya qui manque de lumière de novembre à février

En hiver, même une fenêtre sud ne suffit pas toujours. Une lampe placée à 20 à 30 cm au-dessus des feuilles, 12 heures par jour, aide la pousse à mûrir sans s’étioler.

  • Compense les journées courtes
  • Utile aussi pour les autres orchidées
  • Faible consommation
  • Investissement de départ
  • Encombrante près d’une fenêtre
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01Une orchidée de pleine lumière

Le Cattleya vient des forêts d’Amérique tropicale, de l’Amérique centrale au Brésil. C’est une épiphyte qui vit haut dans les arbres, là où la lumière est forte et l’air circule. Sa croissance est sympodiale : un rhizome horizontal produit chaque année une nouvelle pousse, qui devient un pseudobulbe, un renflement de tige qui stocke l’eau et les réserves. Ses feuilles sont épaisses, rigides, presque cartonnées.

On distingue deux grands groupes :

  • Les unifoliés, avec une seule feuille par pseudobulbe et de très grandes fleurs, souvent de 12 à 18 cm, peu nombreuses par tige.
  • Les bifoliés, avec deux ou trois feuilles sur des pseudobulbes plus hauts et minces, et des fleurs plus petites, cireuses, souvent tachetées, en bouquets plus fournis.

02Le reconnaître en jardinerie

Repérez les pseudobulbes en forme de massue, de 10 à 30 cm, coiffés d’une ou deux feuilles raides, et la gaine brune et papyracée au sommet des plus récents : c’est par là que sortent les fleurs. L’étiquette porte souvent un nom d’hybride précédé d’une abréviation : Lc. pour Laeliocattleya, Blc. ou Rlc. pour les hybrides issus de l’ancienne Brassavola digbyana (aujourd’hui Rhyncholaelia digbyana), Pot. pour Potinara. Notre page pour lire l’étiquette d’une orchidée décode ces sigles.

Choisissez une plante aux pseudobulbes fermes et lisses, avec une pousse récente bien verte et, idéalement, une gaine ou des boutons. Fuyez les bases noircies et molles.

03Les besoins du Cattleya

La lumière avant tout

C’est la clé. Une fenêtre sud voilée en été, une fenêtre ouest ou une fenêtre est bien dégagée lui conviennent. Le soleil du matin et de fin d’après-midi lui fait du bien ; celui de midi en juillet, derrière une vitre, brûle les feuilles. Leur couleur sert de thermomètre : vert clair à vert jaunâtre, la lumière est bonne ; vert foncé et souples, il en manque ; un léger piqueté rougeâtre, vous êtes à la limite haute. Notre page sur l’orchidée devant une fenêtre sud aide à doser le voilage.

De mai à septembre, il peut passer l’été dehors, à mi-ombre lumineuse, dès que les nuits restent au-dessus de 12 °C.

Température et humidité

Comptez 20 à 30 °C le jour et 14 à 18 °C la nuit. Un écart de 6 à 10 °C entre le jour et la nuit l’aide à fleurir. Sous 12 °C, il souffre, surtout si les racines sont mouillées. L’humidité idéale tourne autour de 50 à 70 %, avec un air qui circule : une pièce confinée et humide favorise les taches et la pourriture.

L’arrosage

Arrosez copieusement, puis laissez le substrat sécher presque complètement. Les pseudobulbes servent de réserve : un Cattleya supporte mieux un oubli qu’un excès. Au printemps et en été, cela donne un arrosage tous les 7 à 10 jours ; en hiver, toutes les deux à trois semaines. Un pseudobulbe ancien qui se ride, c’est normal ; une pousse récente qui se ride signale un manque d’eau ou des racines mortes.

Substrat et pot

Une écorce de pin gros calibre, en morceaux de 1,5 à 2,5 cm, dans un pot à peine plus grand que la motte. La terre cuite ou un panier en bois à claire-voie stabilise bien ces plantes lourdes du haut. On rempote tous les deux à trois ans, au moment précis où la jeune pousse sort de nouvelles racines : on place le plus vieux pseudobulbe contre le bord et la pousse vers le centre, avec deux ans de place devant elle. Les gestes sont détaillés dans notre tutoriel de rempotage.

L’engrais

Un engrais pour orchidées à demi-dose un arrosage sur deux, pendant que la pousse se développe. On ralentit dès qu’elle est mûre, et on arrête pendant le repos.

04La floraison et comment la déclencher

Chaque nouveau pseudobulbe, une fois mûr, forme à son sommet une gaine d’où sortent les boutons. Certaines espèces fleurissent aussitôt, d’autres attendent plusieurs semaines ou plusieurs mois, la gaine séchant peu à peu. Les fleurs tiennent deux à quatre semaines selon le type.

Pour déclencher la floraison, quatre leviers : une lumière forte, une pousse qui a eu le temps de mûrir, des nuits nettement plus fraîches que les jours et, pour les espèces qui en ont besoin, un repos plus sec après la croissance. Notre dossier pour faire refleurir une orchidée détaille les causes d’échec.

Attention. Ne coupez jamais une gaine parce qu’elle jaunit ou sèche : elle peut encore fleurir. On l’ouvre délicatement à la lame seulement si de l’eau s’y condense et que les boutons noircissent.

Après la floraison, coupez la tige florale juste au-dessus du pseudobulbe, sans toucher à la feuille.

05Espèces courantes et rythme de chacune

EspèceGroupeFloraisonÀ savoir
Cattleya labiataUnifoliéAutomneFleurit dès que la pousse est mûre, repos plus sec en hiver
Cattleya trianaeUnifoliéHiverFleurit sur une gaine sèche après plusieurs semaines d’attente
Cattleya mossiaeUnifoliéPrintempsRepos plus frais et plus sec en hiver
Cattleya warscewicziiUnifoliéÉtéTrès grandes fleurs, demande beaucoup de lumière
Cattleya intermediaBifoliéPrintemps à étéTolère des nuits assez fraîches
Cattleya walkerianaCompactVariablePetit format parfumé, apprécie la culture sur support

Les hybrides de jardinerie, souvent issus de croisements avec Laelia, Rhyncholaelia ou l’ancien genre Sophronitis, ont des calendriers variés. Repère simple : un hybride refleurit en général à la même saison que celle où vous l’avez acheté en fleurs. Les « mini cattleyas », plus compacts, tiennent sur un rebord de fenêtre étroit. Pour le cousin le plus proche, voyez notre fiche sur le Laelia, et pour comprendre ces croisements, la page sur les hybrides d’orchidées.

Le conseil d’Alysson. Notez au crayon sur l’étiquette le mois où la gaine apparaît et celui de la floraison. Dès la deuxième année, vous saurez si votre Cattleya fleurit tout de suite ou s’il prend son temps, et vous cesserez de vous inquiéter devant une gaine qui sèche.

06Les erreurs typiques

  • Le cultiver dans la pénombre comme un Phalaenopsis : belles feuilles vert foncé, aucune fleur.
  • Arroser un substrat encore humide : les racines pourrissent et le rhizome noircit.
  • Rempoter hors saison, quand aucune racine neuve ne pousse : la plante stagne parfois un an.
  • Choisir un pot trop grand : l’écorce reste mouillée au centre.
  • Diviser en trop petits morceaux : gardez au moins trois ou quatre pseudobulbes par éclat, comme on l’explique pour multiplier une orchidée.

FAQQuestions fréquentes

Pourquoi mon cattleya ne fleurit pas ?

Dans la grande majorité des cas, il manque de lumière. Des feuilles vert foncé et souples sont le signe le plus clair. Rapprochez-le d’une fenêtre sud voilée ou ouest, et laissez-lui le soleil doux du matin ou du soir. Vérifiez aussi que les nuits sont plus fraîches que les jours de 6 à 10 °C, et que la dernière pousse a eu le temps de mûrir.

Faut-il couper la gaine d’un cattleya ?

Non. La gaine est l’enveloppe qui protège les boutons au sommet du pseudobulbe. Même jaune ou sèche, elle peut encore donner des fleurs, parfois plusieurs mois plus tard. On l’ouvre seulement si de l’eau s’y condense et que les boutons noircissent : fendez-la alors délicatement sur la longueur avec une lame propre, sans toucher aux boutons.

Quand rempoter un cattleya ?

Quand la jeune pousse émet de nouvelles racines, longues de 1 à 2 cm à sa base, souvent au printemps ou juste après la floraison. Rempotez tous les deux à trois ans, quand le rhizome atteint le bord du pot ou que l’écorce se décompose. En dehors de ce moment, la plante peut rester bloquée près d’un an.

Combien de temps dure la floraison d’un cattleya ?

Les grandes fleurs des Cattleya unifoliés tiennent en général deux à trois semaines, parfois un mois dans une pièce fraîche. Les espèces bifoliées, aux fleurs plus petites et cireuses, durent souvent un peu plus. C’est plus court qu’un Phalaenopsis, mais la plante refleurit chaque année si elle reçoit assez de lumière.

Le cattleya est-il parfumé ?

Beaucoup le sont, surtout les grandes espèces unifoliées et leurs hybrides, dont le parfum rappelle souvent la vanille, le citron ou la rose. Il est en général plus fort en milieu de matinée, par temps chaud et ensoleillé. Certains hybrides modernes sont en revanche presque inodores : sentez la fleur avant d’acheter si c’est votre critère.

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