- Les orchidées sympodiales (Cattleya, Oncidium, Cymbidium) se divisent, les monopodiales (Phalaenopsis, Vanda) non.
- Chaque éclat de division doit garder au moins trois pseudobulbes, dont un avec un bourgeon ou une jeune pousse.
- Une feuille d’orchidée ne se bouture jamais : elle pourrit.
- Le Dendrobium nobile se bouture avec des tronçons de vieilles cannes, le Ludisia avec un bout de tige.
- On divise au printemps, au rempotage, avec un outil désinfecté entre chaque plante.
Votre Cattleya déborde de son pot, votre Dendrobium a perdu les feuilles de ses vieilles cannes, ou une amie vous demande un morceau de votre Oncidium : c’est souvent au rempotage qu’on décide de multiplier une orchidée. Rien de sorcier, à condition de choisir la bonne méthode.
Une règle d’abord : une feuille d’orchidée ne se bouture pas. Posée dans l’eau ou un substrat, elle pourrit. On multiplie à partir de tiges, de pseudobulbes ou de plantules déjà formées.
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Le sécateur à lame fine
Un rhizome d’orchidée est dur et fibreux : des ciseaux ordinaires l’écrasent. Un sécateur à lames fines et étroites passe entre les pseudobulbes et coupe net en un geste. Entre deux plantes, passez la lame à la flamme ou dans de l’eau de Javel diluée : l’alcool seul ne suffit pas contre les virus.
- Coupe nette du rhizome
- Lames étroites pour se faufiler
- À nettoyer et affûter régulièrement
- Pas assez fort pour un très gros Cymbidium
La mini serre de bouturage à couvercle
Elle maintient l’humidité élevée dont les boutures ont besoin, tout en s’aérant d’un geste grâce à son couvercle. Plus pratique et plus sain qu’un sac plastique.
- Humidité stable
- Aération réglable sur beaucoup de modèles
- Surchauffe au soleil direct
- À ouvrir chaque jour
La sphaigne déshydratée
Réhydratée puis bien essorée, elle garde une humidité douce sans détremper. C’est le support classique pour coucher des tronçons de canne ou faire repartir un vieux pseudobulbe.
- Retient l’humidité
- Légère et propre
- Pourrit si on la tasse
- Ne remplace pas l’écorce pour une plante adulte
L’écorce de pin calibrée
Chaque éclat repart dans un substrat neuf et aéré. Une écorce moyenne convient au Cattleya et à l’Oncidium, une écorce plus fine aux petites divisions.
- Bon drainage
- Substrat de référence pour les épiphytes
- À rincer avant usage
- Se décompose en deux à trois ans
01Tout dépend du mode de croissance
Les orchidées se rangent en deux grands groupes, expliquées sur la page monopodiale ou sympodiale.
- Les monopodiales (Phalaenopsis, Vanda) poussent sur une tige unique qui s’allonge par le sommet. On ne les divise pas : on récupère des keikis, ou on étête les plus grandes.
- Les sympodiales (Cattleya, Oncidium, Cymbidium, Dendrobium, Paphiopedilum) avancent par pousses successives reliées par un rhizome, une tige rampante. Chaque pousse forme souvent un pseudobulbe, un renflement qui stocke eau et réserves. Elles se divisent.
| Genre | Méthode | Minimum par plant | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Phalaenopsis | Keiki | 3 racines de 5 cm | Facile |
| Vanda | Étêtage | 2 à 3 racines aériennes | Moyenne |
| Cattleya | Division | 3 à 4 pseudobulbes | Facile |
| Oncidium, Cambria | Division | 3 pseudobulbes | Facile |
| Cymbidium | Division, vieux pseudobulbes | 3 pseudobulbes | Facile |
| Dendrobium nobile | Keiki, bouture de canne | 2 à 3 nœuds | Facile |
| Paphiopedilum | Division | 2 à 3 pousses | Moyenne |
| Ludisia | Bouture de tige | 2 à 3 nœuds | Très facile |
02Diviser une orchidée sympodiale
On divise au rempotage, au printemps, quand les nouvelles pousses démarrent et avant que leurs racines dépassent 1 à 2 cm (voir quand rempoter). Une plante d’au moins six à huit pseudobulbes peut être coupée en deux. En dessous, rempotez-la entière : un éclat trop petit met deux ou trois ans à refleurir.
- Dépotez et retirez l’ancien substrat en démêlant les racines. Un trempage de 10 minutes les assouplit.
- Repérez le rhizome. Chaque futur plant garde au moins trois pseudobulbes, dont un avec un œil (bourgeon à la base) ou une jeune pousse.
- Coupez le rhizome d’un geste net avec un sécateur à lame fine passé à la flamme ou trempé quelques minutes dans de l’eau de Javel diluée (1 pour 9), et recommencez entre deux plantes : l’alcool seul ne suffit pas contre les virus.
- Retirez les racines mortes, molles ou creuses, comme expliqué sur la page racines.
- Rempotez chaque éclat dans un pot à peine plus grand que ses racines, le plus vieux pseudobulbe contre le bord, pour laisser la place aux nouvelles pousses vers le centre.
- Arrosez peu pendant deux semaines : une légère vaporisation du substrat suffit, le temps que les plaies cicatrisent.
Les gestes du rempotage lui-même sont dans notre tutoriel de rempotage, et la fiche Cattleya précise ses habitudes.
Le conseil d’Alysson. Ne jetez pas les vieux pseudobulbes sans feuilles d’un Cymbidium. Posés sur de l’écorce à peine humide, au chaud et à la lumière, ils lancent souvent une nouvelle pousse en quelques semaines à quelques mois.
03Les monopodiales : keiki et étêtage
Un Phalaenopsis se multiplie presque uniquement par ses keikis, ces plantules qui poussent sur la hampe. La taille des racines avant de couper et tous les gestes sont sur la page keiki.
Un Vanda qui mesure un mètre avec une base dégarnie peut être étêté : on coupe la tige sous deux ou trois belles racines aériennes, pour que la tête emporte ces racines et au moins quatre feuilles, puis on l’installe dans un panier ajouré. La base restante repart souvent avec une ou plusieurs pousses latérales. Sur un vieux Phalaenopsis à longue tige, le geste est possible mais risqué : à tenter seulement sur une plante vigoureuse.
04Bouturer : cannes et tiges
Bouturer une orchidée comme on bouture un géranium n’est possible qu’avec quelques genres, mais ils sont faciles :
- Dendrobium nobile : une vieille canne sans feuilles se coupe en tronçons de 10 à 15 cm avec deux ou trois nœuds. Couchez-les sur de la sphaigne à peine humide dans une boîte transparente fermée, à la lumière vive et à 20 à 25 °C. Des keikis apparaissent sur les nœuds en quelques semaines à quelques mois (voir Dendrobium nobile).
- Ludisia, l’orchidée bijou : un bout de tige de 8 à 10 cm avec deux ou trois nœuds s’enracine dans un verre d’eau ou un substrat humide en trois à quatre semaines.
- Epidendrum et vanille : les tiges munies de racines aériennes se coupent et se rempotent directement.
Une mini serre de bouturage garde l’humidité mieux qu’un sac plastique, et s’aère d’un geste.
05Et les graines ?
Le semis demande des conditions stériles et plusieurs années de patience, mais c’est la seule méthode qui donne des plantes différentes des parents. Nous lui consacrons une page entière, sans rien cacher de la difficulté : semer des orchidées.
06Après la multiplication
Pendant quatre à huit semaines, le temps que les nouvelles racines se forment : lumière vive sans soleil, 20 à 25 °C, humidité de l’air autour de 60 %, arrosages parcimonieux, puis engrais à quart de dose dès les premières racines.
Attention. Ne multipliez qu’une plante saine. Diviser une orchidée qui porte des taches suspectes, des cochenilles ou des feuilles marbrées ne fait que multiplier le problème.
FAQQuestions fréquentes
Comment bouturer une orchidée ?
Cela dépend du genre. Le Dendrobium nobile se bouture avec des tronçons de vieilles cannes de 10 à 15 cm, posés sur de la sphaigne humide dans une boîte fermée. Le Ludisia s’enracine à partir d’un bout de tige, même dans l’eau. Le Phalaenopsis, lui, ne se bouture pas : on attend un keiki sur la hampe.
Peut-on bouturer une orchidée avec une feuille ?
Non. Une feuille d’orchidée ne contient pas de bourgeon capable de former une nouvelle plante : posée dans l’eau ou dans un substrat, elle finit toujours par pourrir. On multiplie les orchidées à partir de pseudobulbes, de tronçons de tiges munis de nœuds, ou de keikis, ces plantules qui se forment sur la plante mère.
Quand diviser une orchidée ?
Au printemps, au moment du rempotage, quand les nouvelles pousses démarrent et que leurs racines mesurent moins de 1 à 2 cm. La plante doit être assez grosse pour que chaque éclat garde au moins trois pseudobulbes. Évitez de diviser en pleine floraison ou pendant une canicule, la reprise serait beaucoup plus lente.
Comment multiplier un Phalaenopsis ?
Le Phalaenopsis ne se divise pas, car il pousse sur une tige unique. La méthode réaliste à la maison est le keiki, une plantule qui apparaît parfois sur un nœud de la hampe. On la sépare quand elle a deux ou trois feuilles et au moins trois racines de 5 cm. Le semis existe aussi, mais il demande des conditions de laboratoire.
Peut-on faire une bouture d’orchidée dans l’eau ?
Seulement pour quelques genres. Le Ludisia, l’orchidée bijou, s’enracine très bien dans un verre d’eau en trois à quatre semaines, avant d’être rempoté. Pour le Phalaenopsis, le Cattleya ou l’Oncidium, l’eau ne donne rien : ces plantes se multiplient par keiki ou par division au moment du rempotage.




