Guides et bases

Lire l’étiquette d’une orchidée

Une photo, un nom parfois incomplet, trois pictogrammes : l’étiquette piquée dans le pot en dit peu, mais ce peu compte. Voici comment la décoder, et ce qu’il faut chercher ailleurs.

  • Mis à jour le 21 octobre 2026
  • 3 min de lecture
  • Par la rédaction

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Dans la cuisine d’un mas provençal, un homme examine l’étiquette en plastique d’un Dendrobium aux fleurs blanches et roses le long des tiges
Lire l’étiquette d’une orchidéePhoto d’illustration
L’essentiel
  • Une étiquette donne le genre, parfois l’hybride, une photo et des pictogrammes génériques.
  • Abréviations courantes : Phal. pour Phalaenopsis, Onc. pour Oncidium, Paph. pour Paphiopedilum, Den. pour Dendrobium.
  • Un nom entre guillemets simples désigne un clone précis ; « sp. » signale une espèce non identifiée.
  • Gardez l’étiquette et notez au dos la date d’achat : c’est la carte d’identité de la plante.

Elle est souvent petite, en plastique blanc, coincée entre deux racines : l’étiquette de votre orchidée finit fréquemment à la poubelle avec l’emballage. C’est dommage, car elle contient le minimum vital pour retrouver la bonne fiche de culture, à commencer par le nom de l’orchidée.

Encore faut-il savoir la lire, et surtout savoir ce qu’elle ne dit pas. Voici comment décoder une étiquette de jardinerie, ligne par ligne.

01Ce que l’on trouve sur une étiquette

  • Le genre : Phalaenopsis, Dendrobium, Oncidium, ou parfois un nom commercial comme Cambria. Certaines étiquettes se contentent d’« Orchidée », ce qui n’est pas un nom de plante.
  • Parfois le nom de l’hybride : un grex, avec une majuscule, et plus rarement un cultivar entre guillemets simples. La mention « Phalaenopsis hybride » est plus fréquente. Pour comprendre ces noms, voyez les hybrides d’orchidées.
  • Une photo de la fleur : indicative. Les mentions « assortiment » ou « coloris variés » signifient que la plante peut différer de l’image.
  • Des pictogrammes : soleil ou mi-ombre pour la lumière, goutte d’eau pour l’arrosage, thermomètre pour la température. Ils sont génériques, souvent identiques pour tous les genres.
  • Des données commerciales : diamètre du pot (Ø 12 cm), hauteur de la plante (50 à 60 cm), nombre de hampes (« 2 tiges »).
  • Le passeport phytosanitaire : un petit cadre aux lettres A, B, C et D (nom botanique, numéro du professionnel, code de traçabilité, pays d’origine). C’est une traçabilité sanitaire européenne, pas un conseil de culture.

02Les abréviations des genres

Sur les étiquettes et dans les registres, chaque genre a une abréviation normalisée, suivie d’un point. Voici les plus courantes.

AbréviationGenre
Phal.Phalaenopsis
Den.Dendrobium
Onc.Oncidium
Paph.Paphiopedilum
Phrag.Phragmipedium
Cym.Cymbidium
C.Cattleya
Lc.Laeliocattleya
Milt.Miltonia
Mps.Miltoniopsis
Odm.Odontoglossum
Z.Zygopetalum
V.Vanda
Masd.Masdevallia
Bllra.Beallara
Dtps.Doritaenopsis, ancien nom, aujourd’hui rangé dans Phalaenopsis

Trois autres mentions reviennent souvent : sp. pour une espèce non précisée, var. pour une variété botanique, et le signe × entre deux noms pour indiquer les deux parents d’un croisement. Le reste du vocabulaire se trouve dans notre lexique de l’orchidée.

03Ce que l’étiquette ne dit pas

C’est là que les ennuis commencent. Une étiquette de grande distribution tait presque toujours des informations essentielles.

  • Le type exact de la plante. « Dendrobium » ne suffit pas : un Dendrobium nobile exige un repos frais et sec en hiver pour refleurir, un Dendrobium de type phalaenopsis veut de la chaleur toute l’année. Regardez les fleurs : le long des tiges pour le premier, en grappe au sommet pour le second.
  • Si la couleur est naturelle. Une orchidée bleue est presque toujours un phalaenopsis blanc teinté, ce que l’étiquette ne précise pas forcément (voir orchidée bleue).
  • Les vrais besoins. « Arroser une fois par semaine » ne tient compte ni de votre chauffage, ni de la saison, ni du substrat.
  • Le substrat. Beaucoup de plantes de production poussent dans de la sphaigne tassée, parfois sous une couche d’écorce, qui garde l’eau bien plus longtemps qu’on ne croit.
  • L’âge, l’état des racines, le parfum, la saison naturelle de floraison.

Attention. Un pictogramme de soleil sur l’étiquette d’un phalaenopsis signifie lumière vive, pas soleil de midi derrière une vitre au sud. Les feuilles brûlent en un après-midi d’été.

04Que faire de l’étiquette ?

Gardez-la, piquée dans le pot ou rangée dans un carnet. Au dos, notez au feutre la date d’achat, puis celles des floraisons et des rempotages. Si elle s’abîme, remplacez-la par des étiquettes à piquer et un feutre indélébile pour le jardin, qui résiste aux arrosages.

Avec le genre, vous trouverez la bonne fiche dans notre répertoire genre par genre. Et pour les premiers jours, suivez notre guide après l’achat d’une orchidée.

Le conseil d’Alysson. Le jour de l’achat, prenez deux photos : l’étiquette, et la plante entière avec ses fleurs. Si l’étiquette disparaît ou s’efface, ces deux images suffiront à retrouver le genre, voire l’hybride, et à comparer la floraison suivante. Pour repérer une plante en bonne santé avant de passer en caisse, lisez aussi bien choisir une orchidée.

FAQQuestions fréquentes

Comment connaître le nom de son orchidée ?

Commencez par l’étiquette : elle donne au moins le genre, parfois le nom de l’hybride. Si elle a disparu, observez la plante : feuilles en rosette sans renflement pour un phalaenopsis, tiges renflées appelées pseudobulbes pour un Oncidium ou un Cambria, longues cannes pour un Dendrobium, fleur en forme de poche pour un sabot de Vénus. Le genre suffit pour bien la cultiver ; le nom exact d’un hybride sans étiquette reste souvent introuvable.

Que veut dire Phal. sur une étiquette d’orchidée ?

Phal. est l’abréviation officielle de Phalaenopsis, l’orchidée papillon. Les genres d’orchidées ont tous une abréviation normalisée, utilisée sur les étiquettes et dans les registres : Den. pour Dendrobium, Onc. pour Oncidium, Paph. pour Paphiopedilum, Cym. pour Cymbidium ou C. pour Cattleya. Le mot qui suit, avec une majuscule, est le nom de l’hybride ; en minuscule, c’est une espèce.

Que signifie sp. dans le nom d’une orchidée ?

L’abréviation sp. signifie que la plante appartient à une espèce botanique dont le nom n’est pas précisé, par exemple Dendrobium sp. Le vendeur sait qu’il ne s’agit pas d’un hybride, mais n’a pas identifié l’espèce. Au pluriel, on écrit spp. Pour une plante de collection, c’est un point à éclaircir, car les besoins de culture varient beaucoup d’une espèce à l’autre au sein d’un même genre.

À quoi sert le passeport phytosanitaire sur une orchidée ?

C’est un document de traçabilité sanitaire européen, souvent imprimé sur l’étiquette sous forme de petit cadre. La lettre A donne le nom botanique, B le code du pays et le numéro d’enregistrement de l’opérateur professionnel, C un code de traçabilité et D le pays d’origine. Il permet de remonter la filière en cas de maladie ou de ravageur réglementé. Il ne contient aucun conseil de culture.

Que signifient FCC ou AM après le nom d’une orchidée ?

Ce sont des distinctions décernées par des sociétés d’orchidophilie à un plant précis, jugé lors d’une présentation : FCC pour First Class Certificate, la plus haute, AM pour Award of Merit et HCC pour Highly Commended Certificate. Elles s’écrivent après le nom du cultivar, suivies des initiales de la société qui les a décernées, par exemple FCC/AOS ou AM/RHS. Elles concernent ce clone exact, pas tous les plants du même hybride, et se voient surtout sur des plantes de collection.

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